Posts Tagged ‘Marc Trévidic’

Les missiles, le juge Bruguière et les Témoins-experts de Jéhovah

1 juin 2012

Au second plan, derrière le juge Bruguière, Filip Reyntjens, Stephen Smith et Bernard Lugan broutent son ordonnance de soit-communiqué…

Au soir du 10 janvier 2012, tandis que les médias français et internationaux assuraient un large écho aux conclusions de l’expertise remise aux juges français Nathalie Poux et Marc Trévidic au sujet de l’attentat commis le 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, la grande manip’ visant à incriminer le FPR de Paul Kagame dans cet attentat pouvait sembler totalement dégonflée.

En identifiant le camp militaire de Kanombe (alors tenu par l’armée gouvernementale hutu) comme le site de départ des deux missiles sol-air ayant entraîné l’explosion en vol du Falcon 50 présidentiel, les experts mandatés par la justice française rendaient caduque la piste FPR, qui postulait que les missiles avaient été tirés à une poignée de kilomètres de là, depuis la colline de Masaka, par un commando du FPR parvenu miraculeusement à s’y infiltrer. (more…)

Rwanda: MSF se Crashe sur le rapport Trévidic

28 janvier 2012

“En psychologie, nous apprend Wikipedia, le déni est une notion théorisée par Sigmund Freud pour désigner la non-considération d’une partie de la réalité. […] L’acte de déni refuse de prendre en charge certaines perceptions: un fragment, éventuellement important, de la réalité, se voit totalement ignoré; la personne qui dénie se comporte comme si cette réalité n’existait simplement pas, alors qu’elle la perçoit.”

Depuis la communication aux parties par les juges Poux et Trévidic, le 10 janvier 2012, du rapport d’expertise sur l’attentat du 6 avril 1994 au Rwanda, certains cadres de Médecins sans frontières (MSF), aujourd’hui membres du Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (Crash, un nom prédestiné), offrent une illustration intéressante de cette occultation du réel. (more…)

“Politis”: le Costa Concordia de l’enquête Bruguière

27 janvier 2012

Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis s’appelle Denis Sieffert. Mais les connaisseurs du dossier Bruguière-Trévidic le surnomment désormais “Schettino”, du nom du commandant du Costa Concordia, le paquebot de croisière qui s’est échoué le 13 janvier dernier dans des conditions rocambolesques. Son Giglio à lui, c’est l’attentat du 6 avril 1994. Flirtant avec les mensonges distillés par les génocidaires rwandais et certaines officines françaises, comme le commandant du paquebot italien avec les récifs de la petite île toscane, Sieffert-Schettino vient d’échouer définitivement son journal en publiant l’article de trop (ci-contre).

Un jour prochain, peut-être dresserons-nous le catalogue des errements de Politis dans le dossier rwandais. Dans l’immédiat, conformément au sacerdoce auquel ce blog s’astreint, nous procéderons au décryptage de l’article paru dans l’hebdomadaire le 26 janvier: “Vérité ‘irréfutable’, vraiment?” (en référence à la “une” de Libération le 11 janvier 2012). Un vrai petit bijou de désinformation! (more…)

Pierre Péan face aux rétractations d’Abdul Ruzibiza (1/2)

25 janvier 2012

Longtemps, Pierre Péan fut l’oracle du juge Bruguière. Dès l’automne 2000, en avance sur son époque, il prédisait dans Le Vrai Papier Journal de Karl Zéro un cataclysme judiciaire émanant de la galerie Saint-Éloi, qui abrite les magistrats antiterroristes au Palais de justice de Paris. “On s’attend, dans son entourage, à le voir  [le juge Bruguière, nda] délivrer d’ici six mois un mandat d’arrêt international contre Kagame en personne” pour son rôle supposé dans l’attentat du 6 avril 1994. Ne nous appesantissons pas sur le fait que “l’entourage” du juge Bruguière ignorerait donc l’existence de l’immunité accordée aux chefs d’État, qui rendait pourtant illusoire la délivrance par la justice française d’un mandat d’arrêt à l’encontre d’un chef d’État étranger dans le cadre d’une affaire de cette nature. Mais arrêtons-nous un instant sur la fiabilité des principales prédictions du mage Péan. (more…)

Rwanda: Des conclusions sans preuves

23 janvier 2012

L’ex-journaliste Stephen Smith est indigné. Officiellement, il n’apprécie pas que “[s]on ancien journal”, Libération, ait barré sa “une”, le 11 janvier dernier, du mot “Irréfutable”, en évoquant le rapport d’expertise judiciaire relatif à la destruction en vol du Falcon 50 présidentiel, le 6 avril 1994 au Rwanda. Alors il vient de faire paraître une tribune dans le quotidien, intitulée: “Rwanda: des preuves sans conclusion”. Hier prêt à relayer n’importe quelle campagne de désinformation du moment qu’elle accablait le régime de Kigali, Stephen Smith vient, semble-t-il, de découvrir la rigueur et la prudence depuis que le travail engagé par le juge Trévidic apporte un bruyant démenti à ses écrits antérieurs.

Car officieusement, si Stephen Smith l’a mauvaise, ce n’est pas tant en raison du titre choisi par Libé que parce que l’expertise communiquée aux parties voici deux semaines par les juges d’instruction Nathalie Poux et Marc Trévidic invalide les spéculations hasardeuses sur l’attentat auxquelles il s’est livré dès le mois de juillet 1994, dans Libération, puis, en 2004, dans les colonnes du Monde. (more…)

L’audition d’Abdul Ruzibiza devant le juge Trévidic

16 janvier 2012

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Historique

16 janvier 2012

Par SYLVAIN BOURMEAU
11 janvier 2012

A l’horreur absolue du troisième génocide de l’histoire reconnu par les Nations Unies – celui commis au Rwanda entre le 6 avril et le 4 juillet 1994 par le régime hutu contre la population tutsie (et ses soutiens hutus) et qui fit plus de 800 000 morts – la justice française et quelques désinformateurs en tout genre ont longtemps ajouté la honte et même l’infamie. Tous ceux, dont certains se présentent encore comme journalistes, qui derrière le «juge» Bruguière se sont employés à colporter sans preuves la thèse de la responsabilité des rebelles du FPR de Paul Kagamé dans l’attentat commis contre le Falcon du président rwandais Juvénal Habyarimana, auront en effet ouvert la voie à l’expression de différentes versions négationnistes de l’histoire. Notamment celle d’un double génocide, abjection toujours démentie par l’ensemble des rapports d’institutions nationales ou internationales et d’organisations non gouvernementales. Le rapport rendu public hier par le magistrat Marc Trévidic vient enfin restaurer l’honneur d’une justice française qui refuse cette fois de plier face à la trop commode raison d’Etat brandie par des responsables politiques de gauche comme de droite – cohabitation Balladur-, Mitterrand oblige. Même partielles, les conclusions du rapport permettent désormais de considérer l’attentat du 6 avril 1994 comme le lancement d’un génocide minutieusement préparé, sous l’œil attentif de Paris. Cette vérité-là est désormais un fait historique.

© Libération, 2012.
Lire l’article sur le site de Libération

Les dix-huit ans d’intoxication d’une enquête à sens unique

16 janvier 2012

Récit
Le juge Bruguière n’a jamais envisagé d’autres pistes que celle des Tutsis du FPR. Au nom de la raison d’Etat ?

Par MARIA MALAGARDIS
11 janvier 2012

Il y a l’enquête sur l’attentat mais aussi l’histoire d’une manipulation. «C’est une nouvelle affaire Dreyfus. Un dossier dans lequel les plus hautes instances judiciaires et militaires françaises ont trop souvent négligé la recherche de la vérité, pour la défense d’une raison d’Etat, très subjective», considère aujourd’hui maître Bernard Maingain, l’avocat belge des officiels rwandais accusés en 2006 par le juge Bruguière. Des accusations désormais mises à mal par les résultats du rapport balistique, soulignant encore plus l’incroyable embrouille dans laquelle se sont fourvoyés bien des responsables et des intellectuels. Maître Maingain et maître Lef Forster, les deux avocats des responsables du FPR, envisageraient d’ailleurs de porter plainte pour «tentative d’escroquerie à jugement, en bande organisée». Petit catalogue des intox qui ont empoisonné cette étrange affaire depuis 1994. (more…)

Rwanda, la preuve d’un génocide planifié

15 janvier 2012

Contrairement au juge Bruguière qui accusait les Tutsis, le rapport balistique présenté hier attribue aux Hutus extrémistes l’attentat contre le président hutu Habyarimana en 1994, point de départ des massacres.

Par MARIA MALAGARDIS
11 janvier 2012

Les crânes de victimes du génocide dans un mémorial installé dans une église de Ntarama, près de Kigali, en 2010. (Finbarr O’Reilly / Reuters)

Il y a des experts, des journalistes et des responsables français qui, hier soir, ont dû se sentir mal à l’aise : en affirmant sans aucun doute possible que les tirs qui ont abattu l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 provenaient du camp de sa propre garde présidentielle, le camp de Kanombé, l’équipe des techniciens mandatés par le juge antiterroriste Marc Trévidic pour établir un rapport balistique sur cet attentat, ont indirectement désigné les extrémistes hutus comme responsables de l’événement déclencheur du génocide des Tutsis. Car si l’attentat n’a jamais été la cause d’une sanglante épuration ethnique annoncée et préparée dès 1991, la mort du chef de l’Etat hutu a bien donné le signal des massacres qui en trois mois feront plus de 800.000 morts. (more…)