Posts Tagged ‘FPR’

Les missiles, le juge Bruguière et les Témoins-experts de Jéhovah

1 juin 2012

Au second plan, derrière le juge Bruguière, Filip Reyntjens, Stephen Smith et Bernard Lugan broutent son ordonnance de soit-communiqué…

Au soir du 10 janvier 2012, tandis que les médias français et internationaux assuraient un large écho aux conclusions de l’expertise remise aux juges français Nathalie Poux et Marc Trévidic au sujet de l’attentat commis le 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, la grande manip’ visant à incriminer le FPR de Paul Kagame dans cet attentat pouvait sembler totalement dégonflée.

En identifiant le camp militaire de Kanombe (alors tenu par l’armée gouvernementale hutu) comme le site de départ des deux missiles sol-air ayant entraîné l’explosion en vol du Falcon 50 présidentiel, les experts mandatés par la justice française rendaient caduque la piste FPR, qui postulait que les missiles avaient été tirés à une poignée de kilomètres de là, depuis la colline de Masaka, par un commando du FPR parvenu miraculeusement à s’y infiltrer. (more…)

Le rapport Hourigan: une légende urbaine (Épisode 1)

17 février 2012

Le rapport Hourigan était aussi précieux pour le juge Bruguière que les Manuscrits de la mer Morte pour les théologiens…

C’est une légende urbaine qui alimente depuis douze ans la Grande Manip’. Certains prétendent que le juge Bruguière la raconte encore à ses petits-enfants, le soir à la veillée, en tirant sur sa pipe.

Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une manipulation délibérée de la part de l’enquêteur du TPIR qui en assume la paternité et lui a donné son nom, l’affaire dite du “rapport Hourigan” occupe une place hautement symbolique dans le dossier qui nous intéresse. C’est en effet à dater du jour où ce mystérieux rapport a été rendu public dans les médias, en mars 2000 (nous y reviendrons dans le second épisode) que la thèse d’une implication du FPR dans l’attentat du 6 avril 1994 a commencé à prospérer. (more…)

Quand Trévidic montre la lune, Filip Reyntjens regarde le doigt

31 janvier 2012

“Mieux vaut avoir approximativement raison qu’avoir précisément tort.”
Warren Buffet

Les lecteurs de ce blog peuvent être rassurés. Filip Reyntjens est toujours vivant. Il vient enfin de s’exprimer sur le rapport d’expertise remis aux juges Poux et Trévidic. Sur lemonde.fr, il a fait paraître une tribune intitulée “Attentat de Kigali: ‘la vérité a gagné’?” Il était temps! Car de tous les experts autoproclamés qui n’ont cessé, depuis des années – dans son cas, depuis dix-sept ans –, d’accréditer dans les médias et au-delà la thèse d’une culpabilité du FPR dans l’attentat, Filip Reyntjens occupe une place privilégiée.

Commençons par une précision nécessaire: contrairement aux réactions impulsives de Politis ou du trio Bradol-Brauman-Vidal, la tribune de Filip Reyntjens se présente comme prudente, mesurée et argumentée. Le constitutionnaliste et politologue belge fait profil bas, ce qui est bien normal, car s’il en est un qui n’a cessé de présenter “la Ferme” de Masaka comme le lieu d’où avaient, à coup sûr, été tirés les missiles, c’est bien lui. Or, comme chacun sait, le principal apport informatif du rapport d’expertise porte justement sur le lieu d’où les missiles ont été tirés. Croisant différents types d’informations (enregistrement des conversations entre la tour de contrôle et l’appareil, témoignages oculaires et auditifs, inspection de la carcasse de l’avion, capacité d’accrocher un Falcon 50 avec un missile à guidage infrarouge en fonction des différents sites examinés…), les experts excluent Masaka et désignent deux sites possibles à l’extrémité du camp militaire de Kanombe. (more…)

La rétractation du faux témoin du juge Bruguière

30 janvier 2012

Le 11 novembre 2008, Abdul Ruzibiza accordait une longue interview à Albert Rudatsimburwa, directeur de la radio rwandaise Contact FM. À cette occasion, il rétractait en totalité le récit par lequel il avait accusé le FPR d’être à l’origine de l’attentat. Soulignant le rôle joué par les services français dans l’élaboration de son faux témoignage, Abdul Ruzibiza faisait exploser en vol l’enquête du magistrat français Jean-Louis Bruguière.

Dans la revue La Nuit rwandaise, en avril 2009, Albert Rudatsimburwa revenait sur les circonstances de cet entretien.

L’interview intégrale d’Abdul Ruzibiza sur Contact FM (en français) peut être écoutée ici.

© Contact FM

Attentat du 6 avril 1994: Zéro pointé

30 janvier 2012

“Et d'ici là, méfiez-vous des contrefaçons!”

C’est sans doute l’un des plus beaux chefs d’œuvre de la campagne de désinformation pratiquée dans les médias français autour de l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Nous sommes le 14 avril 2006. Six mois plus tôt, deux ouvrages ouvertement révisionnistes sont sortis en librairie: Rwanda, l’histoire secrète, d’Abdul Ruzibiza (Panama); et Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits), de Pierre Péan. Pour tous ceux qui cherchent à jeter la suspicion ou l’opprobre sur Paul Kagame pour son rôle supposé dans l’attentat survenu en 1994, la période est faste. (more…)

Entretien avec Patrick de Saint-Exupéry (2/2)

27 janvier 2012

Auteur de Complices de l’inavouable, la France au Rwanda (Les Arènes), le journaliste Patrick de Saint-Exupéry répond aux question de Sylvain Bourmeau et Thomas Cantaloube pour Médiapart.

“Politis”: le Costa Concordia de l’enquête Bruguière

27 janvier 2012

Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis s’appelle Denis Sieffert. Mais les connaisseurs du dossier Bruguière-Trévidic le surnomment désormais “Schettino”, du nom du commandant du Costa Concordia, le paquebot de croisière qui s’est échoué le 13 janvier dernier dans des conditions rocambolesques. Son Giglio à lui, c’est l’attentat du 6 avril 1994. Flirtant avec les mensonges distillés par les génocidaires rwandais et certaines officines françaises, comme le commandant du paquebot italien avec les récifs de la petite île toscane, Sieffert-Schettino vient d’échouer définitivement son journal en publiant l’article de trop (ci-contre).

Un jour prochain, peut-être dresserons-nous le catalogue des errements de Politis dans le dossier rwandais. Dans l’immédiat, conformément au sacerdoce auquel ce blog s’astreint, nous procéderons au décryptage de l’article paru dans l’hebdomadaire le 26 janvier: “Vérité ‘irréfutable’, vraiment?” (en référence à la “une” de Libération le 11 janvier 2012). Un vrai petit bijou de désinformation! (more…)

Pierre Péan face aux rétractations d’Abdul Ruzibiza (2/2)

25 janvier 2012


©France 24, starring Pierre Péan, Raphaël Glucksmann et Vincent Hugeux

Rwanda: Des conclusions sans preuves

23 janvier 2012

L’ex-journaliste Stephen Smith est indigné. Officiellement, il n’apprécie pas que “[s]on ancien journal”, Libération, ait barré sa “une”, le 11 janvier dernier, du mot “Irréfutable”, en évoquant le rapport d’expertise judiciaire relatif à la destruction en vol du Falcon 50 présidentiel, le 6 avril 1994 au Rwanda. Alors il vient de faire paraître une tribune dans le quotidien, intitulée: “Rwanda: des preuves sans conclusion”. Hier prêt à relayer n’importe quelle campagne de désinformation du moment qu’elle accablait le régime de Kigali, Stephen Smith vient, semble-t-il, de découvrir la rigueur et la prudence depuis que le travail engagé par le juge Trévidic apporte un bruyant démenti à ses écrits antérieurs.

Car officieusement, si Stephen Smith l’a mauvaise, ce n’est pas tant en raison du titre choisi par Libé que parce que l’expertise communiquée aux parties voici deux semaines par les juges d’instruction Nathalie Poux et Marc Trévidic invalide les spéculations hasardeuses sur l’attentat auxquelles il s’est livré dès le mois de juillet 1994, dans Libération, puis, en 2004, dans les colonnes du Monde. (more…)

Habyarimana, retour sur un attentat non élucidé

22 janvier 2012

Article paru dans Libération le 29/07/1994
Par Stephen SMITH

Le 6 avril, l’avion du président rwandais est abattu à Kigali. Depuis, ni l’ONU ni la France n’ont voulu ouvrir une enquête, qui pourrait, selon nos informations, mener au FPR, le seul qui disposait d’une logistique suffisante.


Plus de cent jours après l’attentat contre l’avion du président général Juvénal Habyarimana, le 6 avril, la responsabilité de l’acte qui a déclenché les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeure inconnue. Aucune enquête n’a été menée sur le terrain, ni par l’une ou l’autre des parties belligérantes, ni par les Nations unies. Malgré la mort des trois Français de l’équipage (pilote, copilote et mécanicien) de l’appareil, Paris n’a pas non plus chargé un juge d’instruction d’éclaircir les circonstances d’une action terroriste qui risque d’être un mauvais précédent sur le continent africain. (more…)