“Politis”: le Costa Concordia de l’enquête Bruguière

27 janvier 2012

Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis s’appelle Denis Sieffert. Mais les connaisseurs du dossier Bruguière-Trévidic le surnomment désormais “Schettino”, du nom du commandant du Costa Concordia, le paquebot de croisière qui s’est échoué le 13 janvier dernier dans des conditions rocambolesques. Son Giglio à lui, c’est l’attentat du 6 avril 1994. Flirtant avec les mensonges distillés par les génocidaires rwandais et certaines officines françaises, comme le commandant du paquebot italien avec les récifs de la petite île toscane, Sieffert-Schettino vient d’échouer définitivement son journal en publiant l’article de trop (ci-contre).

Un jour prochain, peut-être dresserons-nous le catalogue des errements de Politis dans le dossier rwandais. Dans l’immédiat, conformément au sacerdoce auquel ce blog s’astreint, nous procéderons au décryptage de l’article paru dans l’hebdomadaire le 26 janvier: “Vérité ‘irréfutable’, vraiment?” (en référence à la “une” de Libération le 11 janvier 2012). Un vrai petit bijou de désinformation! Lire le reste de cette entrée »

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Pierre Péan face aux rétractations d’Abdul Ruzibiza (2/2)

25 janvier 2012


©France 24, starring Pierre Péan, Raphaël Glucksmann et Vincent Hugeux

Pierre Péan face aux rétractations d’Abdul Ruzibiza (1/2)

25 janvier 2012

Longtemps, Pierre Péan fut l’oracle du juge Bruguière. Dès l’automne 2000, en avance sur son époque, il prédisait dans Le Vrai Papier Journal de Karl Zéro un cataclysme judiciaire émanant de la galerie Saint-Éloi, qui abrite les magistrats antiterroristes au Palais de justice de Paris. “On s’attend, dans son entourage, à le voir  [le juge Bruguière, nda] délivrer d’ici six mois un mandat d’arrêt international contre Kagame en personne” pour son rôle supposé dans l’attentat du 6 avril 1994. Ne nous appesantissons pas sur le fait que “l’entourage” du juge Bruguière ignorerait donc l’existence de l’immunité accordée aux chefs d’État, qui rendait pourtant illusoire la délivrance par la justice française d’un mandat d’arrêt à l’encontre d’un chef d’État étranger dans le cadre d’une affaire de cette nature. Mais arrêtons-nous un instant sur la fiabilité des principales prédictions du mage Péan. Lire le reste de cette entrée »

Rwanda: Des conclusions sans preuves

23 janvier 2012

L’ex-journaliste Stephen Smith est indigné. Officiellement, il n’apprécie pas que “[s]on ancien journal”, Libération, ait barré sa “une”, le 11 janvier dernier, du mot “Irréfutable”, en évoquant le rapport d’expertise judiciaire relatif à la destruction en vol du Falcon 50 présidentiel, le 6 avril 1994 au Rwanda. Alors il vient de faire paraître une tribune dans le quotidien, intitulée: “Rwanda: des preuves sans conclusion”. Hier prêt à relayer n’importe quelle campagne de désinformation du moment qu’elle accablait le régime de Kigali, Stephen Smith vient, semble-t-il, de découvrir la rigueur et la prudence depuis que le travail engagé par le juge Trévidic apporte un bruyant démenti à ses écrits antérieurs.

Car officieusement, si Stephen Smith l’a mauvaise, ce n’est pas tant en raison du titre choisi par Libé que parce que l’expertise communiquée aux parties voici deux semaines par les juges d’instruction Nathalie Poux et Marc Trévidic invalide les spéculations hasardeuses sur l’attentat auxquelles il s’est livré dès le mois de juillet 1994, dans Libération, puis, en 2004, dans les colonnes du Monde. Lire le reste de cette entrée »

Habyarimana, retour sur un attentat non élucidé

22 janvier 2012

Article paru dans Libération le 29/07/1994
Par Stephen SMITH

Le 6 avril, l’avion du président rwandais est abattu à Kigali. Depuis, ni l’ONU ni la France n’ont voulu ouvrir une enquête, qui pourrait, selon nos informations, mener au FPR, le seul qui disposait d’une logistique suffisante.


Plus de cent jours après l’attentat contre l’avion du président général Juvénal Habyarimana, le 6 avril, la responsabilité de l’acte qui a déclenché les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeure inconnue. Aucune enquête n’a été menée sur le terrain, ni par l’une ou l’autre des parties belligérantes, ni par les Nations unies. Malgré la mort des trois Français de l’équipage (pilote, copilote et mécanicien) de l’appareil, Paris n’a pas non plus chargé un juge d’instruction d’éclaircir les circonstances d’une action terroriste qui risque d’être un mauvais précédent sur le continent africain. Lire le reste de cette entrée »

Rwanda, une difficile vérité

16 janvier 2012
Par Stephen SMITH et André GUICHAOUA
Tribune parue dans Libération le 13 janvier 2006
La polémique qu’a suscitée la publication de l’ouvrage de Pierre Péan(1) et la quasi-absence de débats autour du livre du lieutenant Ruzibiza(2) obligent à un constat d’échec: le rôle joué par la France au Rwanda continue d’éclipser la recherche de la vérité sur le génocide de 1994 ; à en juger par le mépris dans lequel sont tenus les faits, cette vérité n’intéresse pas. C’est notamment le cas pour ce qui est révélé par des Rwandais eux-mêmes, au péril de leur vie.

Rien de plus légitime que de s’interroger sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda. En 1998, une mission d’information parlementaire a tenté de faire la lumière sur l’implication française. Le dossier n’est pas clos. Actuellement, la justice militaire est saisie des plaintes de deux Rwandais qui affirment que l’armée française s’est compromise dans les tueries de 1994. En attendant l’issue de cette procédure, est-il nécessaire d’instruire des procès d’intention? A ce jour, aucune preuve n’a été apportée d’une «complicité de génocide» de la France, si l’on entend par là le consentement de l’Etat français à l’extermination des Tutsis ou, à plus forte raison, sa participation à leur éradication. Cependant, imprescriptible à l’instar du crime, la question reste ouverte. Lire le reste de cette entrée »

Attentat contre Habyarimana: Le florilège de “l’enquête” Bruguière

16 janvier 2012

Depuis sa saisine en 1998 jusqu’à son remplacement par le juge Marc Trévidic en 2007, le juge « antiterroriste » Jean-Louis Bruguière a mené une instruction entièrement à charge pour démontrer la responsabilité du Front Patriotique dans l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali. L’Ordonnance qu’il diffusait ou laissait diffuser en 2006 constituait une réécriture de l’histoire du Rwanda pour rendre le mouvement rebelle, majoritairement tutsi, responsable du génocide des Tutsis dont l’attentat a été le déclencheur.

A présent que les expertises réduisent à néant cette thèse, il n’est pas inutile de rassembler un florilège des citations les plus significatives du dossier Bruguière…

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Par JEAN-FRANÇOIS DUPAQUIER
Article paru sur Afrikarabia le 10 janvier 2012

“Des témoignages enregistrés, il ressort que cet acte meurtrier a été l’œuvre de rebelles du « Front patriotique rwandais» (FPR ) placé sous l’autorité de M. Paul Kagamé, chef d’état-major de l’armée ougandaise.”
– 15 septembre 1999, note au juge Bruguière de l’inspecteur général Marion, chef de la division nationale antiterroriste.

Sans posséder d’informations précises et de témoignages, je suis cependant en mesure de dire que cet attentat ne peut être que l’œuvre du FPR.” – Le 26 octobre 1998, interrogatoire de Faustin Twagiramungu par le juge Bruguière

C’est le FPR infiltré qui nous a tiré dessus.” – Catherine Mukamusoni, sœur d’Agathe Habyarimana, lettre de plainte le 5 juillet 1994. Lire le reste de cette entrée »

L’audition d’Abdul Ruzibiza devant le juge Trévidic

16 janvier 2012

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Historique

16 janvier 2012

Par SYLVAIN BOURMEAU
11 janvier 2012

A l’horreur absolue du troisième génocide de l’histoire reconnu par les Nations Unies – celui commis au Rwanda entre le 6 avril et le 4 juillet 1994 par le régime hutu contre la population tutsie (et ses soutiens hutus) et qui fit plus de 800 000 morts – la justice française et quelques désinformateurs en tout genre ont longtemps ajouté la honte et même l’infamie. Tous ceux, dont certains se présentent encore comme journalistes, qui derrière le «juge» Bruguière se sont employés à colporter sans preuves la thèse de la responsabilité des rebelles du FPR de Paul Kagamé dans l’attentat commis contre le Falcon du président rwandais Juvénal Habyarimana, auront en effet ouvert la voie à l’expression de différentes versions négationnistes de l’histoire. Notamment celle d’un double génocide, abjection toujours démentie par l’ensemble des rapports d’institutions nationales ou internationales et d’organisations non gouvernementales. Le rapport rendu public hier par le magistrat Marc Trévidic vient enfin restaurer l’honneur d’une justice française qui refuse cette fois de plier face à la trop commode raison d’Etat brandie par des responsables politiques de gauche comme de droite – cohabitation Balladur-, Mitterrand oblige. Même partielles, les conclusions du rapport permettent désormais de considérer l’attentat du 6 avril 1994 comme le lancement d’un génocide minutieusement préparé, sous l’œil attentif de Paris. Cette vérité-là est désormais un fait historique.

© Libération, 2012.
Lire l’article sur le site de Libération

Les dix-huit ans d’intoxication d’une enquête à sens unique

16 janvier 2012

Récit
Le juge Bruguière n’a jamais envisagé d’autres pistes que celle des Tutsis du FPR. Au nom de la raison d’Etat ?

Par MARIA MALAGARDIS
11 janvier 2012

Il y a l’enquête sur l’attentat mais aussi l’histoire d’une manipulation. «C’est une nouvelle affaire Dreyfus. Un dossier dans lequel les plus hautes instances judiciaires et militaires françaises ont trop souvent négligé la recherche de la vérité, pour la défense d’une raison d’Etat, très subjective», considère aujourd’hui maître Bernard Maingain, l’avocat belge des officiels rwandais accusés en 2006 par le juge Bruguière. Des accusations désormais mises à mal par les résultats du rapport balistique, soulignant encore plus l’incroyable embrouille dans laquelle se sont fourvoyés bien des responsables et des intellectuels. Maître Maingain et maître Lef Forster, les deux avocats des responsables du FPR, envisageraient d’ailleurs de porter plainte pour «tentative d’escroquerie à jugement, en bande organisée». Petit catalogue des intox qui ont empoisonné cette étrange affaire depuis 1994. Lire le reste de cette entrée »