En identifiant le camp militaire de Kanombe (alors tenu par l’armée gouvernementale hutu) comme le site de départ des deux missiles sol-air ayant entraîné l’explosion en vol du Falcon 50 présidentiel, les experts mandatés par la justice française rendaient caduque la piste FPR, qui postulait que les missiles avaient été tirés à une poignée de kilomètres de là, depuis la colline de Masaka, par un commando du FPR parvenu miraculeusement à s’y infiltrer. (Lire la suite…)
Le rapport Hourigan était aussi précieux pour le juge Bruguière que les Manuscrits de la mer Morte pour les théologiens…
C’est une légende urbaine qui alimente depuis douze ans la Grande Manip’. Certains prétendent que le juge Bruguière la raconte encore à ses petits-enfants, le soir à la veillée, en tirant sur sa pipe.
Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une manipulation délibérée de la part de l’enquêteur du TPIR qui en assume la paternité et lui a donné son nom, l’affaire dite du “rapport Hourigan” occupe une place hautement symbolique dans le dossier qui nous intéresse. C’est en effet à dater du jour où ce mystérieux rapport a été rendu public dans les médias, en mars 2000 (nous y reviendrons dans le second épisode) que la thèse d’une implication du FPR dans l’attentat du 6 avril 1994 a commencé à prospérer. (Lire la suite…)
“Mieux vaut avoir approximativement raison qu’avoir précisément tort.”
Warren Buffet
Les lecteurs de ce blog peuvent être rassurés. Filip Reyntjens est toujours vivant. Il vient enfin de s’exprimer sur le rapport d’expertise remis aux juges Poux et Trévidic. Sur lemonde.fr, il a fait paraître une tribune intitulée “Attentat de Kigali: ‘la vérité a gagné’?” Il était temps! Car de tous les experts autoproclamés qui n’ont cessé, depuis des années – dans son cas, depuis dix-sept ans –, d’accréditer dans les médias et au-delà la thèse d’une culpabilité du FPR dans l’attentat, Filip Reyntjens occupe une place privilégiée.
Commençons par une précision nécessaire: contrairement aux réactions impulsives de Politis ou du trio Bradol-Brauman-Vidal, la tribune de Filip Reyntjens se présente comme prudente, mesurée et argumentée. Le constitutionnaliste et politologue belge fait profil bas, ce qui est bien normal, car s’il en est un qui n’a cessé de présenter “la Ferme” de Masaka comme le lieu d’où avaient, à coup sûr, été tirés les missiles, c’est bien lui. Or, comme chacun sait, le principal apport informatif du rapport d’expertise porte justement sur le lieu d’où les missiles ont été tirés. Croisant différents types d’informations (enregistrement des conversations entre la tour de contrôle et l’appareil, témoignages oculaires et auditifs, inspection de la carcasse de l’avion, capacité d’accrocher un Falcon 50 avec un missile à guidage infrarouge en fonction des différents sites examinés…), les experts excluent Masaka et désignent deux sites possibles à l’extrémité du camp militaire de Kanombe. (Lire la suite…)
Le 11 novembre 2008, Abdul Ruzibiza accordait une longue interview à Albert Rudatsimburwa, directeur de la radio rwandaise Contact FM. À cette occasion, il rétractait en totalité le récit par lequel il avait accusé le FPR d’être à l’origine de l’attentat. Soulignant le rôle joué par les services français dans l’élaboration de son faux témoignage, Abdul Ruzibiza faisait exploser en vol l’enquête du magistrat français Jean-Louis Bruguière.
C’est sans doute l’un des plus beaux chefs d’œuvre de la campagne de désinformation pratiquée dans les médias français autour de l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Nous sommes le 14 avril 2006. Six mois plus tôt, deux ouvrages ouvertement révisionnistes sont sortis en librairie: Rwanda, l’histoire secrète, d’Abdul Ruzibiza (Panama); et Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits), de Pierre Péan. Pour tous ceux qui cherchent à jeter la suspicion ou l’opprobre sur Paul Kagame pour son rôle supposé dans l’attentat survenu en 1994, la période est faste. (Lire la suite…)
Le contorsionnisme de Faustin Twagiramungu depuis 1994 est révélateur des manipulations qui entourent l’attentat du 6 avril 1994. Un véritable tête-à-queue idéologique, au gré des errements de ce politicien qui a effectué en dix-huit ans une révolution complète, jusqu’à aller exonérer les génocidaires de leurs responsabilités devant le TPIR.
Ou comment dévoyer la vérité historique au profit d’intérêts politiques. (Lire la suite…)
“En psychologie, nous apprend Wikipedia, le déni est une notion théorisée par Sigmund Freud pour désigner la non-considération d’une partie de la réalité. […] L’acte de déni refuse de prendre en charge certaines perceptions: un fragment, éventuellement important, de la réalité, se voit totalement ignoré; la personne qui dénie se comporte comme si cette réalité n’existait simplement pas, alors qu’elle la perçoit.”
Depuis la communication aux parties par les juges Poux et Trévidic, le 10 janvier 2012, du rapport d’expertise sur l’attentat du 6 avril 1994 au Rwanda, certains cadres de Médecins sans frontières (MSF), aujourd’hui membres du Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (Crash, un nom prédestiné), offrent une illustration intéressante de cette occultation du réel. (Lire la suite…)
“Je ne sais pas ce que Kigali a fait pour le faire changer d’idée, mais va falloir un jour que Ruzibiza explique… heu… il a fait un livre avec deux grands universitaires que sont Guichaoua et Vidal, et ce qui est quand même un livre de 500 pages, et que tout ce qu’il a fait avec eux c’est complètement faux, ce qui quand même pose… pose quand même… y a un moment où il ment beaucoup en tout cas!”
Pierre Péan, interviewé par Virginie Roels pour Marianne2, suite à la rétractation d’Abdul Ruzibiza.
RT @bourmeau: Révélations sur le rôle de la France au moment où le Rwanda a basculé dans le génocide : une enquête de @mariamalagardis d ... 5 months ago